Voeux 2026

Voeux 2026 © Copyright Olivier Jung

Je n’ai pas envie de commencer 2026 par une énumération de tout ce qui va mal. Je préfère parler de ce qui tient encore debout. De ce qui résiste. De celles et ceux qui continuent, même quand c’est éprouvant ou ingrat. Même quand ça ne rapporte rien, à part la certitude de ne pas broyer les autres.

En 2025, j’ai vu des équipes douter sans lâcher. J’ai vu des personnes choisir l’éthique plutôt que le fric. J’ai vu des lieux faire de leur mieux, sans grande gueule, sans marketing, sans masquer la réalité, sans tout balayer sous le tapis en sifflotant.

2025 m’a aussi amené à mes limites, physiques et mentales. J’ai envisagé d’arrêter. Tenir coûte cher quand on refuse de tricher. Pour celles et ceux qui ont tenté de suivre, j’ai changé de cap, viré de bord, touché le fond, puis je me suis accroché. Et au bout du compte, je continue.

Je mets à disposition des savoirs et des outils gratuitement, pour que la prévention devienne une partie intégrante des organisations, au même titre que les autres pôles. Une prévention qui n’a plus besoin de prestataires ou d’associations extérieures pour exister. Une prévention assumée de l’intérieur.

Ces derniers mois, un choix s’est imposé. J’ai cessé de me noyer dans la noirceur de certains milieux où je me débattais sans fin. J’ai supprimé certaines enquêtes, notamment sur les néo-nazis. Pas par déni. Pas par confort. Mais parce que m’y perdre m’éteignait.

Ce choix tient aussi à une réalité très concrète. Je n’ai pas les moyens d’affronter des procédures-bâillons, aujourd’hui utilisées contre de nombreuses personnes engagées. Je refuse de mettre en danger l’avenir de mes enfants pour des idéologies violentes et leurs relais. Cela ne signifie pas un renoncement. Je poursuis ce travail autrement, plus discrètement, par des signalements aux institutions et à la presse, là où c’est pertinent.

Regarder l’horreur en face reste nécessaire. S’y consumer ne l’est plus. Ces dernières années ont cruellement manqué de lumière. Aujourd’hui, j’avance vers ce qui en produit, même de façon modeste.

En 2026, je travaillerai avec celles et ceux qui regardent la réalité en face. Avec des structures capables de dire « on ne sait pas », « on a merdé », « on peut mieux faire ».

À celles et ceux qui doutent, qui tiennent, qui encaissent, même quand tout se casse la gueule : ne lâchez rien.

Je vous souhaite à toutes et à tous le meilleur, des rires et du partage.

Bonne année.

Olivier Jung
A propos de l'auteur
Je suis engagé dans la prévention des violences sexistes et sexuelles, la réduction des risques et la lutte contre les mouvements d’extrême droite, principalement dans les milieux festifs.
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